jeudi 31 mars 2005

Extrait du Laos

Nous sommes au Laos depuis une semaine maintenant.
Les premiers jours nous les avons passés sur une île au milieu du
Mékong tellement paisible et belle, que si ce n'avait été pour aller
voir les très curieux dauphins d'eau douce à une journée de bateau de
là, je ne l'aurais pas quittée, mon île.


Notre objectif est de remonter paisiblement le pays jusqu'au triangle
d'or à l'extrême nord ouest, de passer en Thailande par voie fluviale et de nous envoler pour la Birmanie depuis Chang Mai.

Hier, nous avons roulé dans la campagne avec notre scooter loué toute la journée pour visiter une grotte tellement profonde que j'ai bien cru que nous allions atteindre le centre de la terre et rejoindre M Vernes. Mais après 30 min de marche dans la pénombre - notre seule source de lumière étant des lampes de poches soviétiques peu efficaces - nous avons atteint le fond, où coulait une rivière souterraine de toute beauté.


Demain nous continuons notre périple vers le nord et devrions arriver à Luang Prabang dans la soirée: cette ville, ancienne capitale du Laos, abrite encore 32 temples tous bâtis avant le début du siècle dernier. C'est donc tout à fait logiquement l'endroit ou toutes les familles du pays envoient leur fils aîné faire ses 4 ans d'études monastiques; le crâne rasé, nus sous une tunique orange vive.

En attendant l'événement avec un grand E du Laos: le nouvel an, nous tuons le temps en courtes excursions d'une journée en dehors de la ville. Par exemple la fameuse Pak Ou cave: trou creusé dans le flanc d'une falaise tombant sur le Mékong. La dite grotte contient 1500 petites figurines de Bouddha.




Plus au sud c'est les cascades à l'eau turquoise perdues dans la jungle où vous guettent de paresseux tigres accompagnés par quelques ours cossus. Baignades et plongeons à volonté.




Le jour du nouvel an est finalement arrivé. La tradition veut que, lors du défilé des moines dans la rue principale, les habitants leur lancent de l'eau des fenêtres pour les purifier. Aujourd'hui cette tradition s'est transformée en gigantesque bataille de pistolets à eau sur trois jours dans toute la ville. Comme je n'appréciais pas trop de servir de cible sans défense pour cette horde de touristes et de locaux déchaînes, je me suis procuré moi aussi un super-soaker et me suis lancé dans la bataille. Finalement tout le monde perd car tout le monde fini trempé.



Des petits malins corsent encore le jeu en vous attrapant par derrière afin de vous couvrir le visage de graisse brûlée bien noire tandis qu'un de leurs compères surgit devant vous pour vous asperger de farine, faisant ainsi passer vos joues en une fraction de secondes d'un brun pâle à un blanc lessive.

Le jour du défilé est là. Je perds mes compères dans la foule et endosse soudain le rôle d'un méchant paparazzi. Je cours comme un dératé dans la foule pour me poster à l'intérieur du temple ou Miss Laos va faire couler le vin sacré dans la rigole à la fin de la procession. Les policiers ne me voient pas et je peux prendre des clichés de très près de cette très belle Laotienne. Lorsqu'elle sort enfin du sanctuaire, je me jette à ses côtés et prends un cliché de nous juste avant d'être serré par les flics et jeté à des kilomètres de la procession. Quelle rigolade.



Une fois le nouvel an terminé nous passons en Thaïlande en remontant ce qui reste de Mékong au Laos jusqu'a la frontière. C'est un voyage de 2 jours de bateau extrêmement désagréable. Mais les scènes que vous offrent les berges du Mékong sont d'une rare beauté. Jungle intriquée, buffles en baignade remuant les oreilles et la queue nonchalamment, enfants Hmongs batifolant dans l'eau boueuse,
villages de bambou tapis sous les arbres.

Ca y est nous sommes en Thaïlande a Chiang Mai. Non contents de ce
retour a la civilisation (les thaïs eux-mêmes décrivent le Laos comme "la Thaïlande d'il y a 20 ans"- et avec la vitesse de l'émergence économique des "5 tigres asiatiques" ça veut dire quelque chose!) nous décidons de ne pas nous attarder dans ce pays. Jeudi, si tout va bien, nous accosterons dans la République ante démocratique du Myanmar.