La fin de mon temps en Inde est arrivée. Je quitte la capitale des Sikhs (Amritsar) à l’extrême nord ouest du sous contient, et me dirige vers l'unique poste frontière ouvert entre l'Inde et le Pakistan: Wagah.
Passer la frontière est une formalité on ne peut plus simple si l'on possède un visa en règle. A peine de l'autre côté des grandes portes en fer blanc, et une fois derrière mon dos le drapeau Indien, un officier de 1m90 vient me saluer et me souhaiter la bienvenue au Pakistan. Pour moi, il ressemble en tout point au soldat qui m'a fait le salut d'adieu à l'Inde 10 mètres avant mais il doit être musulman j'imagine. C'est après tout la seule raison qui a poussé les Punjabis de ce côté du continent à exiger d'être séparés de l’Inde lors de l'Indépendance en 1947.
Je tends la main, il me la broie.
Là où, lors du passage d'une autre frontière, j'aurais tracé direct jusqu'a la ville la plus proche, ici j'attends patiemment la fermeture des portes. C'est qu'il y a une cérémonie très spéciale qui attire chaque jour 3500 Indiens et 1000 Pakistanais ici.
Je me place tout devant dans la tribune du côté Pakistanais. Je suis vite pressé de toute part par des Barbus de toute sorte très excités par l’évènement. Tintin est assise seule dans la tribune réservée aux femmes.
Un gros type avec un drapeau donne les ordres en Urdu:
"Dites ceci ou cela" "levez les bras" "criez" etc...
Devant nous se sont placés les soldats Pakistanais qui effectuent une sorte de marche en miroir avec leurs équivalents Indiens. C'est un peu à qui criera le plus fort d'entre les Indiens et les Pakistanais pour encourager leurs troupes respectives.
Les soldats lèvent la jambe très haut pour la faire retomber avec fracas sur le sol tout en avançant vers la ligne frontière. Les Indiens font de même.
Lorsque les deux officiers les plus gradés des deux postes sont quasiment nez à nez, ils s'arrêtent et tapent encore quelque fois le sol avec leurs bottes, avant de se donner la poignée de main la plus courte de l'histoire. Les gens hurlent, et les drapeaux des deux pays s'abaissent à la même vitesse (il ne faut jamais qu'un drapeau soit en dessous de l'autre). Finalement les portes de ferment et je crie avec la foule:
PAKISTAN....... ZINDABAR ZINDABAR ZINDABAR
ALLAH ALLAH ALLAH
(longue vie au Pakistan - Dieu Dieu Dieu)
"Dites ceci ou cela" "levez les bras" "criez" etc...
Devant nous se sont placés les soldats Pakistanais qui effectuent une sorte de marche en miroir avec leurs équivalents Indiens. C'est un peu à qui criera le plus fort d'entre les Indiens et les Pakistanais pour encourager leurs troupes respectives.
Les soldats lèvent la jambe très haut pour la faire retomber avec fracas sur le sol tout en avançant vers la ligne frontière. Les Indiens font de même.
Lorsque les deux officiers les plus gradés des deux postes sont quasiment nez à nez, ils s'arrêtent et tapent encore quelque fois le sol avec leurs bottes, avant de se donner la poignée de main la plus courte de l'histoire. Les gens hurlent, et les drapeaux des deux pays s'abaissent à la même vitesse (il ne faut jamais qu'un drapeau soit en dessous de l'autre). Finalement les portes de ferment et je crie avec la foule:
PAKISTAN....... ZINDABAR ZINDABAR ZINDABAR
ALLAH ALLAH ALLAH
(longue vie au Pakistan - Dieu Dieu Dieu)
Tout ceci terminé om me serre la main et on me remercie. Je profite de la cohue pour m'éclipser et prendre le premier bus pour Lahore.
Ma première impression de cette ville est mauvaise. Pas que les rues soient sales ou l'air plus pollué qu'ailleurs. Non. Ce qui me tend c'est l'absence totale de femme dans les rues.
Il n’y a que des hommes à moustaches portant tous le même habit : une sorte de chemise de nuit en coton avec un pantalon de la meme matière, et qui se tiennent par la main.
Ma première impression de cette ville est mauvaise. Pas que les rues soient sales ou l'air plus pollué qu'ailleurs. Non. Ce qui me tend c'est l'absence totale de femme dans les rues.
Il n’y a que des hommes à moustaches portant tous le même habit : une sorte de chemise de nuit en coton avec un pantalon de la meme matière, et qui se tiennent par la main.
Tintin est mal à l’aise car elle est dévisagée de toute part. Elle me presse de trouver un hôtel.
Une fois notre chambre réservée et payée, elle se précipite dedans et s'enferme à double tour. Je ressors seul et me rends dans le quartier où se trouvent les agences de voyage qui devraient me renseigner sur la suite du voyage:
Une fois notre chambre réservée et payée, elle se précipite dedans et s'enferme à double tour. Je ressors seul et me rends dans le quartier où se trouvent les agences de voyage qui devraient me renseigner sur la suite du voyage:
S’il y a un endroit à voir au Pakistan, c'est le Karakoram highway : la route qui mène en Chine a travers les montagnes. Mais ce n’est pas sur notre chemin.
Un autre, tout autre, est le Khyber Pass. Une sorte de canyon immense s'étirant de l'Afghanistan jusqu'au Pakistan, par lequel tous les envahisseurs venu du Moyen Orient sont passés pour venir dans le sous continent. D'Alexandre le Grand jusqu'au Seldjoukides en passant par les descendants de Gengis Khan dans l'autre sens.
C'est à 7 heures de bus vers l'ouest, près de la ville qui a fait tant parler d'elle durant la guerre en Afghanistan, à cause du grand nombre de réfugiés qui y sont venus: Peshawar.
En arrivant là-bas, il s'est avéré que ces dits réfugiés étaient encore là, et qu'ils avaient jusqu'au 30 juin pour quitter le Pakistan. Dans le Khyber pass, c'était donc un flot contenu de camion contenant des familles entières afghanes rentrant enfin chez elle avec le peu de bien qu'elles avaient accumulés au Pakistan. Les femmes à l'arrière ne peuvent pas être confondues car elles portent toute la bourca bleue typique.
Pour entrer au Kyber il faut une mitrailleuse que le gouvernement vous fourni sous la forme d'un garde. En effet cette zone est hors du contrôle du gouvernement. C'est la loi tribale qui prévaut (Le far West si vous voulez)
Pour entrer au Kyber il faut une mitrailleuse que le gouvernement vous fourni sous la forme d'un garde. En effet cette zone est hors du contrôle du gouvernement. C'est la loi tribale qui prévaut (Le far West si vous voulez)
Il y a une grande concentration de contrebandiers qui importent de l'héroïne et du hashish d'Afghanistan. D'autres impriment de faux billets américains. Bref, beaucoup de personnages à la gâchette facile. Mais le paysage et la valeur historique de l'endroit en valent la peine. C'est aussi l'occasion de voir des Pashtounes aux yeux verts et des Afghans.
Une fois de retour à Peshawar nous réservons un vol interne pour Quetta (dernière grande ville du sud avant l'Iran) et nous rendons là bas le jour d'après.
Attablé à un café dans la soirée, je suis accosté par trois hommes qui veulent discuter avec moi. Nous abordons le sujet de l'égalité entre les sexes.
Attablé à un café dans la soirée, je suis accosté par trois hommes qui veulent discuter avec moi. Nous abordons le sujet de l'égalité entre les sexes.
-Pourquoi n’y a-t-il presque pas de femmes dans les rues ? leur demandai-je.
-Selon le Quran, m’expliquent-ils, la femme est inférieure à l'homme. Il est donc normal qu’elle obéisse à son père et à son mari, n’est-ce pas ? Et comme ceux-ci ne préfèrent pas qu’elles sortent et se montrent dans les rues, à cause de la mauvaise réputation que cela donnerait à la famille, elles restent à la maison
Si une femme sortait, les hommes du quartier la considèreraient comme une prostituée et porteraient un jugement mauvais sur ses frères et son père, ou sur son mari.
-Mais n'est-ce pas là votre problème plutôt? m’écrié-je.
Pourquoi est-ce aux femmes d’en payer le prix ? Pourquoi les hommes ne resteraient ils pas à la maison et les femmes....
Je me rends compte soudainement que le ton de ma voix a monté, et que cette conversation ne me mènera nulle part. Je m'en veux aussi d'avoir perdu mon sang froid et d'avoir fait preuve d'intolérance dans un pays qui n'est pas le mien. Je m’apaise et baisse le ton. Je tente de changer de sujet mais ils insistent et me lancent pour conclure :
-Mais enfin tu es fou ! C’est écrit dans le Quran que la femme est inférieure à l'homme. Pourquoi tu veux changer ça ? Tu es un homme toi.
Je pense à Tintin, qui m’attend seule à l’hôtel, et qui déprime depuis 3 semaines que nous sommes ici. Je me dis qu’elle a un courage incroyable, mais qu’il est temps de nous remettre en route.
Nous partons pour l'Iran.